Gastro : quelques remèdes

Posté dans : soignez - Par Émilie Drugeon - le 25 janvier 2016 (Plantes et Santé)

En hiver, la gastro-entérite est une compagne familière de nos foyers. Voici quelques règles simples et remèdes naturels pour congédier la gastro et son cortège de maux fort déplaisants.

Mieux vaut prévenir…

Rappelons-le : cette inflammation du système digestif est causée par un virus et, dans une moindre mesure, par une bactérie ou un parasite parfois présents dans l’eau et les aliments. Mais le plus souvent, tout simplement, sur les mains sales !

- Se laver les mains plusieurs fois dans la journée. Souvent rabâchée, la règle de base anti-gastro est-elle suffisamment appliquée ? Certainement pas.

Les personnes particulièrement sujettes aux infections saisonnières pourront entreprendre une cure de bourgeons de cassis (Ribes nigrum) ou de tisane antivirale de fleurs ou de feuilles d’aigremoine (Agrimonia eupatoria). Autre avantage : cette plante est également antidiarrhéique, elle cicatrise les muqueuses et lutte contre les spasmes.

Prendre la gastro en main

Après contamination, les premiers symptômes (nausées, vomissements, diarrhées, douleurs telles que des crampes abdominales) surviennent entre 12 et 24 heures plus tard. C’est le moment de prendre la gastro en main. Nous vous proposons ici plusieurs solutions pour en venir à bout.

Éviter la déshydratation

La diarrhée en soi ne doit pas être évitée, car elle est une réaction naturelle d’élimination, une réaction de défense pour se débarrasser d’une bactérie, d’une toxine ou d’un virus. Aussi, commençons par une diète de 24 heures environ, histoire de mettre les muqueuses intestinales au repos. On boit à volonté (par exemple de l’eau de riz, du bouillon de légumes salé), mais on élimine l’acidité des thés, cafés, sodas dont les édulcorants accélèrent le transit. On fera de même pour les produits laitiers. Réintroduisez quelques aliments, en douceur, dès amélioration. Soupe de pommes de terre, choux, filets de poissons maigres, etc.

Charbon actif et argile verte

Pour limiter les selles liquides, on peut consommer du charbon actif (en vrac ou en gélules) : il s’avère très efficace car il absorbe les fluides. Mais pas que ! Le charbon neutralise aussi les bactéries pathogènes qui se prélassent et se multiplient dans ces substances indésirables.

C’est la raison pour laquelle il faut le consommer à l’écart d’autres médicaments ou de la pilule contraceptive, par exemple. Un gramme de charbon actif correspond à une surface d’absorption entre 400 et 2500 m² ! Prenez 4 à 6 gélules ou l’équivalent d’une cuillère à café par jour.

Une alternative au charbon actif (ne pas les cumuler) : boire 3 verres par jour d’argile verte ultra-ventilée. Mettre une cuillère à café par verre d’eau à laisser reposer la nuit ou au moins 4 heures, à boire après chaque selle non moulée, sans dépasser 3 verres par jour. On diminue les doses lorsque les symptômes s’améliorent. En cas de gastro-entérite sans diarrhée mais avec nausées, boire seulement l’eau d’argile par petites gorgées.

La gastro-entérologue Martine Cotinat liste de quoi apaiser : l’infusion de baies sèches de myrtilles pour assainir l’intestin (adaptée aux jeunes enfants)*, celles de ronce (Rubus fruticosus), d’alchémille (Alchemilla xanthochlora), de fraisier (Fragaria vesca), de géranium herbe à Robert (Geranium robertianum) ou de salicaire (Lythrum salicaria) en cas de diarrhées légères.

*Remède d’urgence

1/ Prenez 50 g de baies de myrtilles séchées (éventuellement combinés à une des plantes citées ci-dessus).
2/ Faites-les infuser dans 1 litre d’eau vingt minutes à feu doux. À boire dans la journée.
3/ Répétez l’opération le jour suivant.

Pour les autres diarrhées, plus profuses, on utilisera également des feuilles de noyer (Juglans regia) en décoction ou en EPS (extraits de plantes standardisées, à faire préparer en pharmacie) parce qu’elles sont riches en tanin.

Ceux qui préfèrent s’alimenter doivent privilégier le riz, les carottes et les denrées salées qui retiennent l’eau.

L’aroma contre spasmes et nausées

En cas de spasmes, faites une cure de bourgeons de cassis et buvez un litre par jour de tisane d’aigremoine en y ajoutant des feuilles de mélisse ou d’estragon.Trois gouttes d’huiles essentielles de basilic exotique sur l’estomac, en massant doucement, viennent soulager les douleurs abdominales souvent associées aux diarrhées. Contre les nausées, écrasez du gingembre au fond d’une tasse remplie d’eau bouillie puis laissez infuser. Mâchez les morceaux après avoir bu la préparation.

L’aromathérapeute Aude Maillard propose quant à elle une synergie d’huiles essentielles à action antispasmodique et antinauséeuse. Elle fonctionne par ailleurs comme un antibiotique intestinal et une stimulante générale.

« L’huile essentielle d’ajowan (riche en thymol) et celle de sarriette des montagnes (riche en carvacrol) acquièrent un potentiel anti-infectieux très intéressant quand elles sont réunies. L’adjonction d’huile essentielle de cannelle de Chine ajoute à ce mélange une molécule fortement anti-infectieuse (cinnamaldéhyde) », nous explique la spécialiste.

Ingrédients

60 gouttes d’HE de basilic (Ocimum basilicum)
20 gouttes d’HE de menthe poivrée (Mentha x piperita)
40 gouttes d’HE de cannelle de Chine (Cinnamomum cassia)
40 gouttes d’HE d’ajowan (Trachyspermum ammi)
40 gouttes d’HE de sarriette des montagnes (Satureja montana)

Préparation

Versez les huiles essentielles selon les quantités indiquées dans un flacon de 10 ml en verre teinté et muni d’un compte-gouttes, puis agitez.

Mode d’emploi

En prévention, absorbez 2 gouttes trois fois par jour du mélange sur un peu de mie de pain ou mélangé à de l’huile d’olive. En cas d’infection avérée, renouvelez six fois par jour pendant six jours.

Précautions

Contre-indiqué chez l’épileptique, la femme enceinte et allaitante et l’enfant de moins de six ans.

Restaurer la flore en douceur

Après des épisodes de débâcle intestinale, pensez à chouchouter un peu vos muqueuses malmenées. Utilisez du macérat glycériné de bourgeons de noyer pour calmer, cicatriser et adoucir la flore intestinale. Surtout si vous avez pris des antibiotiques.

Vous pouvez aussi combiner des probiotiques à de l’extrait de pépins de pamplemousse, un admirable antibiotique naturel. Dans le même temps, on favorise le développement des bonnes bactéries et on réduit les pathogènes qui font de la résistance. Pensez également à miser sur le jus de carotte (cicatrisant intestinal) et, avant de manger, sur le très doux gel d’Aloe vera qui viendra apporter un peu de paix après toutes ces guerres intestines.

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